Mes arguments

Comme se déplaît à le répéter Jean-Marc JANCOVICI, il faudrait un COVID-19 supplémentaire chaque année pour atteindre l’objectif de réduire à +2°C le réchauffement climatique à l’horizon 2050. Nous en sommes déplorablement loin. Et à en croire Jean-Baptiste FRESSOZ, la transition énergétique ne ferait qu’empirer la situation dans l’hypothèse où nous la ferions advenir.

Or, le confinement a démontré que nous étions parfaitement capables de réduire fortement la pollution pour autant que notre économie cesse de vendre « des trucs inutiles à des gens surendettés » (pour paraphraser Gilles RAVEAUD). L’épisode a aussi eu le mérite de pointer clairement du doigt ceux parmi nous qui ont un métier essentiel, et ceux qui n’en ont pas.

Je crois que nous pouvons tous œuvrer à rendre nos productions plus essentielles, à défaut d’exercer des métiers qui soient véritablement indispensables à la société. Non pas cesser de produire, mais le faire en prenant préalablement le temps de distinguer nos besoins de nos envies, au point de remettre nos fonctions en question, le cas échéant.

Les architectes sont le plus souvent sollicités lorsque des travaux requièrent un permis d’urbanisme. Là où certains vous inciteraient à les poursuivre par nécessité économique, je tâcherais plutôt de vous en dissuader par conviction et par éthique, vous orientant vers la rénovation voire l’adaptation de vos bâtiments, et vous accompagnant dans l’autoréalisation de vos projets.

Je me revendique d’une culture de la « paresse constructive » consistant, non pas à l’inaction, mais à réfléchir exagérément avant d’agir, en vue de réduire autant que possible le gaspillage et d’épargner la Nature. Limiter le recours à la construction, c’est aussi éviter des démarches chronophages, énergivores et coûteuses vis-à-vis de l’administration, sans garantie de succès. 

Le seul matériau écologique est celui qu’on ne produit pas

En privilégiant le réemploi des matériaux existants lorsque c’est possible, j’entends confronter une vision iconoclaste à la doxa qui érige le principe de « démolition-reconstruction » en réflexe indéboulonnable. Et, en croisant le concept d’économie circulaire avec celui de simplicité volontaire, je vous propose d’interroger nos manières de produire, et de les déconstruire.